Une piscine qui se colore soudainement de vert ne relève pas d’une simple négligence. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, même une eau cristalline peut dissimuler des bactéries ou parasites actifs. Pourtant, face à cette transformation, la baignade se poursuit parfois, faute d’informations précises sur les dangers réels.
Des techniques existent pour redonner à l’eau sa limpidité, mais toutes ne se valent pas. Certaines maladresses d’entretien favorisent même la résurgence des algues. Comprendre les risques sanitaires et maîtriser les bons gestes de traitement s’impose pour éviter les mauvaises surprises et profiter durablement d’un bassin sûr.
L’eau de piscine devient verte : comprendre les causes et les premiers signes
Le choc visuel d’une piscine verte ne trompe personne : l’eau perd sa clarté, prend une teinte émeraude, voire laiteuse, et laisse deviner un laisser-aller dans la gestion du bassin. Ce revirement n’est pas anodin : il signale l’installation d’algues, souvent déclenchée par un déséquilibre du chlore ou une filtration défaillante. Dès que l’eau se trouble, la vigilance s’impose.
Certains signaux ne passent pas inaperçus : une pellicule glissante sur les parois, des dépôts verts, une eau qui vire progressivement. Face à ce constat, il devient urgent de tester l’eau : pH, TAC, taux de chlore libre… Un infime écart sur ces valeurs suffit à favoriser la poussée d’algues vertes.
Voici les principaux facteurs qui ouvrent la porte à cette transformation :
- Chlore insuffisant : un taux inférieur à 1,5 ppm ne protège plus le bassin des micro-organismes indésirables.
- Filtration peu efficace : une pompe sous-dimensionnée ou mal programmée laisse l’eau stagner, terrain idéal pour la multiplication des algues.
- Montée du thermomètre : dès que la température grimpe, les algues prolifèrent à vive allure.
Souvent, l’analyse de l’eau met en lumière un cocktail de causes : pluie prolongée, TAC instable, oubli d’entretien… Dès les premiers reflets verts ou dès qu’une odeur inhabituelle s’invite, il faut réagir. Surveillez texture, coloration et odeur : chaque détail donne une indication précieuse sur l’état du bassin et la marche à suivre.
Se baigner dans une piscine verte : quels sont les risques réels pour la santé ?
Certains trouvent rassurant le parfum du chlore. Mais quand la qualité de l’eau se détériore, la question de la baignade ne devrait plus se poser. S’immerger dans une piscine où l’eau a viré au vert revient à s’exposer, sans le savoir, à la présence de micro-organismes parfois dangereux. Les algues signalent un déséquilibre qui ouvre la voie à la prolifération bactérienne et fongique.
Dans une eau non traitée, germes et bactéries comme Pseudomonas ou Escherichia coli trouvent un terrain propice. Leur développement peut provoquer des réactions cutanées, des conjonctivites, voire des infections digestives. Les plus jeunes, les seniors ou les personnes fragilisées y sont particulièrement sensibles.
Pour mieux cerner les risques, voici ce qui guette les baigneurs imprudents :
- Irritations et démangeaisons : la peau réagit rapidement à l’eau souillée.
- Otites externes : les oreilles, surtout chez les enfants, sont souvent les premières touchées.
- Problèmes digestifs : une gorgée d’eau avalée par mégarde peut suffire à déclencher des troubles sérieux.
Dès que l’eau devient trouble ou vire au vert, la prolifération des bactéries s’accélère, notamment sous l’effet de la chaleur. Un traitement absent ou bâclé ne fait qu’aggraver la situation. Dans le bassin, chaque nageur peut à la fois transmettre et contracter ces micro-organismes. Même si seul l’aspect laisse penser à un banal excès d’algues, la prudence doit l’emporter : une eau saine ne se juge pas seulement à l’œil nu.
Rattraper une eau de piscine verte : méthodes efficaces et produits recommandés
Face à une eau qui a pris une teinte verte, réagir sans tarder fait la différence. Mettez en place un plan d’action sans improvisation. Première étape : analyse complète de l’eau (pH, TAC, chlore libre). Un diagnostic précis évite les interventions inutiles. Lorsque l’eau vire franchement au vert, passez au traitement choc avec un produit adapté à votre bassin : galets spéciaux, poudre à dissolution rapide… Choisissez la solution la plus efficace selon votre type de piscine.
Le nettoyage manuel devient impératif. Brossez minutieusement les parois et les angles, là où les algues s’accrochent. Relancez la filtration en continu pendant 24 à 48 heures : c’est le seul moyen de rétablir la limpidité rapidement. Pensez à contrôler l’état du filtre et à effectuer un contre-lavage si nécessaire, surtout après un traitement choc.
Pour vous guider dans le choix et la mise en œuvre des produits, voici les gestes à privilégier :
- Traitement choc au chlore : respectez scrupuleusement le dosage indiqué sur l’emballage.
- Floculant : ce produit aide à éliminer les particules fines et accélère la clarification.
- Nettoyage manuel : utilisez un balai aspirateur ou un robot pour aspirer les résidus d’algues mortes.
L’ajout d’un floculant s’avère particulièrement utile pour les piscines coque ou à cartouche. Si votre bassin fonctionne au sel, activez la fonction « boost » de l’électrolyseur sans négliger le contrôle du taux de sel. À chaque étape, la rigueur s’impose : la qualité de l’eau ne tolère aucun relâchement.
Conseils pratiques pour garder une eau claire et prévenir la prolifération des algues
Préserver la clarté de l’eau repose sur une routine bien huilée et une vigilance constante. Le secret réside dans la régularité des contrôles : vérifiez chaque semaine le pH, le taux de chlore et l’alcalinité (TAC). Les bandelettes de test ou les appareils électroniques facilitent ce suivi et permettent d’ajuster le traitement dès le moindre écart. Un pH compris entre 7,2 et 7,4 optimise l’action du désinfectant et limite la croissance des algues.
La filtration quotidienne joue un rôle-clé. Prévoyez de faire fonctionner le système 8 à 12 heures par jour, en modulant selon la température extérieure. Nettoyez régulièrement les skimmers, paniers de préfiltre et parois du bassin : les dépôts favorisent la prolifération des algues, surtout en période chaude ou après un épisode pluvieux.
Pour structurer votre routine, voici les gestes à intégrer chaque semaine :
- Contrôlez la qualité de l’eau sans exception.
- Modifiez la durée de filtration selon la météo : au-delà de 24 °C, soyez doublement attentif.
- Ajoutez un anti-algues préventif en période de forte fréquentation ou avant un épisode orageux.
Même une eau limpide demande à être surveillée de près. Un simple oubli ou un changement brutal de météo peut perturber l’équilibre du bassin. La prolifération de micro-organismes commence souvent discrètement : rester attentif au moindre changement reste la meilleure garantie pour profiter d’une eau saine et accueillante tout l’été.
Finalement, la vigilance quotidienne transforme la piscine en véritable havre, loin des désagréments d’une eau incertaine. Quelques gestes, répétés sans faillir, font toute la différence pour que le plaisir de la baignade ne soit jamais terni par la moindre teinte verte.


