Lambourde et solive remplissent deux fonctions distinctes dans l’ossature d’une terrasse bois. Confondre ces deux pièces, c’est risquer un sous-dimensionnement de la structure ou, à l’inverse, un surcoût inutile. Le DTU 51.4 sépare clairement le solivage (structure porteuse principale) du lambourdage (support intermédiaire des lames). Cet article compare leurs caractéristiques techniques pour orienter le choix selon la configuration du projet.
Solive et lambourde de terrasse : tableau comparatif des fonctions
La confusion entre les deux pièces vient souvent de leur apparence similaire. Pourtant, leur rôle dans la chaîne structurelle n’est pas interchangeable.
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| Critère | Solive | Lambourde |
|---|---|---|
| Fonction | Structure porteuse principale | Support intermédiaire des lames |
| Position dans l’ossature | Niveau inférieur, repose sur poteaux ou plots | Posée sur les solives ou directement sur dalle/plots |
| Section courante | Plus épaisse (type 45 x 145 ou plus) | Plus fine (type 40 x 60 ou 45 x 70) |
| Reprend les charges | Poids total de la terrasse + charges d’exploitation | Poids des lames + charges ponctuelles |
| Sens de pose | Perpendiculaire aux lambourdes | Perpendiculaire aux lames de terrasse |
| Cas d’usage principal | Terrasse surélevée, sur pilotis, forte portée | Terrasse sur dalle, sur plots, faible hauteur |
Sur une terrasse posée à même une dalle béton avec des plots de réglage, les lambourdes suffisent comme unique niveau de structure. Les solives ne deviennent nécessaires que lorsque la terrasse franchit une portée libre ou se trouve en hauteur.

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Double structure sur pilotis : quand solives et lambourdes travaillent ensemble
Une terrasse surélevée de plus de quelques dizaines de centimètres nécessite un double niveau porteur. Les solives principales, fixées sur des poteaux ou des fondations, reprennent l’ensemble des charges. Les lambourdes sont alors posées perpendiculairement par-dessus, pour recevoir les lames et régler l’entraxe de fixation.
Ce schéma en double ossature est le cas typique où les deux pièces coexistent. Supprimer les solives dans cette configuration reviendrait à demander aux lambourdes de franchir des portées pour lesquelles elles ne sont pas dimensionnées.
Entraxe et portée : les paramètres qui décident de la section
L’entraxe entre solives dépend de la section choisie et du poids total à supporter. Plus la portée entre appuis augmente, plus la section de la solive doit être généreuse. Le DTU 51.4 encadre ces règles de dimensionnement pour éviter le fléchissement.
Pour les lambourdes, l’entraxe est dicté par l’épaisseur des lames de terrasse. Des lames fines exigent un entraxe réduit entre lambourdes. Des lames épaisses autorisent un espacement plus large. C’est un rapport mécanique direct : l’entraxe des lambourdes se calcule en fonction des lames, pas des solives.
Classe d’emploi et essence de bois pour la structure de terrasse
Lambourdes et solives partagent une contrainte commune : elles sont exposées à l’humidité, parfois sans possibilité de séchage rapide. Le choix de l’essence et de la classe d’emploi conditionne la durée de vie de l’ensemble.
- Le pin autoclave classe 4 reste le matériau le plus courant pour les solives de terrasse, car il combine résistance à l’humidité et coût maîtrisé. Une solive en pin autoclave classe 4 rabotée offre un bon compromis structurel.
- Pour les lambourdes, la règle courante consiste à utiliser la même essence que les lames. Sur une terrasse en ipé, des lambourdes en bois exotique de densité comparable limitent les différences de comportement hygroscopique entre le support et le platelage.
- Mélanger une essence tendre pour la structure et une essence dense pour les lames crée un déséquilibre de dilatation. Lambourdes et lames dans la même essence réduisent ce risque.
En revanche, les solives principales (niveau inférieur) peuvent être dans une essence différente des lambourdes, à condition de respecter la classe d’emploi adaptée au degré d’exposition. Une solive protégée sous la terrasse ne subit pas la même contrainte qu’une lambourde directement sous les lames.
Ventilation sous terrasse bois : un critère souvent négligé dans le choix de structure
Le DTU 51.4 insiste sur la lame d’air, le drainage et la circulation de l’eau sous le platelage. Ce point technique influence directement le type de structure à retenir.
Une terrasse sur dalle avec lambourdes posées sur plots bénéficie naturellement d’un espace de ventilation si les plots sont correctement réglés. La hauteur de la lame d’air dépend du type de plot et de la section des lambourdes.
Sur une terrasse fermée latéralement ou adossée à un mur, la ventilation peut être insuffisante. Dans ce cas, un solivage surélevé crée un volume d’air plus important sous les lambourdes, ce qui améliore l’évacuation de l’humidité. C’est un argument technique en faveur d’une double structure, même quand la hauteur ne l’impose pas mécaniquement.

Stagnation d’eau et durabilité du lambourdage
Les lambourdes posées directement sur une dalle sans pente suffisante retiennent l’eau par capillarité. Ce phénomène accélère la dégradation du bois, même traité classe 4. Des plots de terrasse avec système de drainage intégré limitent ce problème en maintenant un espace entre la lambourde et le support.
Pour les solives, le risque est moindre car elles se trouvent en position plus haute. Leur dégradation provient plutôt d’un défaut d’étanchéité aux points de fixation (poteaux, sabots métalliques).
Lambourde seule ou solivage complet : critères de décision pour votre terrasse
Le choix entre une structure simple (lambourdes seules) et une structure double (solives + lambourdes) dépend de trois paramètres concrets.
- La hauteur par rapport au sol : une terrasse de plain-pied sur dalle ne nécessite pas de solives. Une terrasse surélevée à plus de quelques dizaines de centimètres les rend indispensables.
- La portée libre entre appuis : si la distance entre deux plots ou deux points de fixation dépasse la capacité de la lambourde seule, un solivage porteur devient nécessaire pour éviter le fléchissement.
- La ventilation souhaitée : sur un sol peu drainant ou dans une configuration fermée, le double niveau améliore la circulation d’air et prolonge la durée de vie du bois.
Une terrasse sur plots réglables avec dalle béton en pente fonctionne très bien avec un simple lambourdage correctement dimensionné. Ajouter des solives dans ce cas alourdit le budget sans gain structurel mesurable. Le DTU 51.4 reste la référence pour valider le dimensionnement de chaque configuration.

