Peut-on vraiment manger toutes les fleurs d’hibiscus ?

Plus de 1200 espèces. Voilà ce que cache la vaste famille de l’hibiscus, qu’on appelle parfois « guimauve ». Bien sûr, le thé d’hibiscus s’est glissé dans bien des tasses, mais la plupart de ces plantes sont choisies pour leurs fleurs, parfois énormes, toujours éclatantes et colorées. Pour s’y retrouver, il vaut mieux jeter un coup d’œil aux variétés les plus connues qui ornent nos jardins ou nos verres.

À propos de l’hibiscus en général

Majoritairement, les hibiscus se plaisent sous les cieux tropicaux, subtropicaux ou dans les régions tempérées et chaudes. Presque toutes réclament une lumière intense, un sol riche, bien drainé, et supportent mal les coups de froid. En Hongrie, impossible de les cultiver autrement qu’en pot, sauf pour la fameuse guimauve de jardin. Le mot « hibiscus » trouve ses racines dans l’Égypte ancienne, en référence à l’ibis, oiseau sacré associé au dieu Thot, symbole de sagesse. Une étymologie qui rappelle que ces plantes portent en elles une histoire millénaire.

Hibiscus

De quel hibiscus provient le thé ?

Lorsqu’on évoque le thé d’hibiscus, on parle avant tout de l’hibiscus sabdariffa, aussi nommé roselle, hibiscus comestible, oseille rouge ou hibiscus sauvage. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’un « fruit » à proprement parler. Originaire d’Inde et de Malaisie, aujourd’hui cultivé à travers toutes les zones chaudes du globe, il produit de grandes fleurs en entonnoir, jaune pâle, à la gorge bordeaux. Après la chute de ses pétales, ses sépales rouges s’épaississent et deviennent charnus.

La roselle (Hibiscus sabdariffa) donne ce fameux thé acidulé, parfois associé à la myrtille par son goût. Son calice entoure le fruit, qui lui-même abrite les graines au cœur de gousses rouges vives, de 3,5 cm environ. Ici, rien ne se perd : toutes les parties de la plante sont comestibles !

Utilisation de l’hibiscus

Au Moyen-Orient, en Afrique de l’Est ou dans les Caraïbes, l’hibiscus infusé s’inscrit dans une tradition ancienne. Bien plus qu’une simple boisson, il est vanté pour son goût rafraîchissant mais aussi pour ses vertus transmises de génération en génération. Riche en antioxydants et en vitamine C, le thé d’hibiscus aurait, selon certains usages populaires, la réputation de couper la faim, d’accélérer la circulation sanguine ou encore d’apaiser la toux.

Mais l’hibiscus ne s’arrête pas au thé. Voici quelques exemples d’usages, parfois inattendus, de cette plante :

  • En salade, il apporte une touche acidulée et colorée
  • Sous forme de confiture, la confiture de roselle, incontournable en Jamaïque
  • Dans des sauces, soupes, boissons fraîches ou sirops
  • Comme condiment dans certaines recettes indiennes
  • En pâtisserie, pour parfumer gâteaux, puddings ou même vins aromatisés

Variétés d’hibiscus communes :

Hibiscus syriacus, la guimauve syrienne, l’alliée des jardins

Cette espèce originaire d’Asie s’est acclimatée dans tout le sud de l’Europe et séduit par sa robustesse. Arbuste à floraison estivale généreuse, il peut atteindre 2 à 2,5 mètres et pousse en rameaux dressés. Ses fleurs, qui s’épanouissent de juillet à septembre, offrent un nuancier du blanc au rose, du violet au rouge profond. Certaines variétés développent des fleurs simples, d’autres des corolles doubles et opulentes. Bien adaptée à la ville, la plante supporte les sols humides et même les nappes phréatiques élevées. Pour former une haie dense, mieux vaut tailler tôt au printemps, avant le réveil des bourgeons : cela stimule la production de grandes fleurs en bout de rameau.

Mauve de jardin

Mauve des marais : l’exubérance à l’état pur

L’Hibiscus moscheutos impressionne par sa stature : une vivace de 1,5 à 2 mètres, aux feuilles amples et aux fleurs qui peuvent rivaliser avec la taille d’une main. Offrez-lui un coin ensoleillé, arrosez généreusement, ou mieux, installez-la près d’un point d’eau pour qu’elle prospère. À l’automne, elle perd ses feuilles. Dès les premiers froids, coupez les tiges et couvrez la base, puis laissez la magie opérer : à la mi-avril, elle redémarre vite et offre ses fleurs jusqu’aux gelées. Sur sol pauvre, la floraison peut se faire rare, mais dans un terrain humide et nourrissant, elle explose littéralement. Idéale en bord d’étang ou de bassin peu profond.

Hibiscus des marais

Hibiscus rosa-sinensis, le roi des intérieurs

L’hibiscus de Chine, ou hibiscus d’appartement, se distingue par ses feuilles persistantes et brillantes. Il n’aime guère le froid : en hiver, il lui faut une pièce lumineuse à 10-15 °C, ou une place près d’une fenêtre chauffée. Quand les gelées s’éloignent, il peut retrouver l’extérieur, mais toujours progressivement, car ses feuilles craignent les brûlures du soleil. Cette variété a soif, et si l’arrosage est oublié, elle laisse tomber ses boutons floraux. Chaque fleur ne dure qu’un ou deux jours, mais un pot bien entretenu renouvelle sans cesse ses bouquets colorés, parfois deux fois par an. Une taille des racines au printemps stimule la vigueur et la floraison. Les fleurs poussent sur les jeunes tiges herbacées, offrant une palette du blanc au rose, jaune ou bordeaux.

Hibiscus soudanais

Pour terminer, jetez un œil à la courte vidéo sur l’hibiscus réalisée par Mark McMenemy. Une minute suffit parfois pour changer de regard sur cette plante extraordinaire.